Dessins de presse et d'édition : Un hymne punk pour dénoncer la précarité
Dans l’industrie du livre comme dans le monde de la presse, les dessinateur·ices pointent leurs difficultés économiques.
« Alors, est-ce que vous en vivez ? » – « Pour l’instant, je n’en suis pas encore mort. » Une réplique acide, qui arracherait un rictus à plus d’un artiste-auteur.
Elle est signée Vincent Normand, Mikaël Le Mûr et Mara Kabar. Ensemble, ils sont à l’origine de Fond Perdu, un projet musical qui dénonce la précarité des auteur·ices de bandes dessinées. Le tout, à travers une seule chanson punk à l’humour caustique.
Pour visibiliser la cause, le groupe Fond Perdu sera présent samedi 22 février au Jardin moderne à Rennes, lors des rencontres du fanzinat et de la presse alternative.
BD et seuil de pauvreté
« Ce projet est né de mon challenge “une planche de BD par jour”. C’est un outil pour brasser nos galères et les faire connaître », présente Vincent, auteur et dessinateur à Rennes.
Et de pointer la concentration des éditions du livre : « Comme dans le journalisme avec la concentration des médias, il y a dans notre métier des gros qui tirent la locomotive et avec qui il est difficile de négocier. On se sent parfois exploités et à défaut d’une juste rémunération, on nous dit que ça va nous offrir un nom. La fameuse illusion du métier passion. » Un chiffre lui donne raison : 36 % des auteur·ices de BD vivent sous le seuil de pauvreté.
Presser le bulletin
Même son chez les dessinateur·ices de presse qui se sont exprimés en janvier, 10 ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, pour parler censure dans le monde et difficultés économiques. Aurel, dessinateur au Canard enchaîné, lance chez Médiapart : « Pour un dessinateur de presse, la première difficulté, c’est d’abord d’être publié et payé correctement. »
Chez France Culture, c’est le caricaturiste Kak, également président de l’association Cartooning for peace, qui s’y colle : « Le principal problème, c'est que la presse écrite, notre employeur, se porte mal. Il y a de moins en moins de gens qui lisent les journaux, qui s'abonnent, qui payent pour de l'information. La principale menace qui pèse sur le dessinateur de presse, c'est d'abord ne plus pouvoir manger, avant des problèmes plus moraux. »
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