Splann! et le journalisme d’investigation
“Nous traitons les angles morts de l’agro-alimentaire”
D’un riche dialogue, aux Champs Libres de Rennes, entre Julie Lallouët-Geffroy, journaliste à Splann! et des citoyens intéressés par une discussion sur les médias, nous retenons ces propos sur les conditions d’une enquête indépendante.
Pourquoi Splann! ?
“Inès Léraud, auteure de l’enquête Algues vertes, l'histoire interdite et Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz Breizh, avaient reçu des pressions et des intimidations.
Notre réponse a été de créer une association avec des journalistes rémunérés, qui prennent le temps d’enquêter, et une équipe permanente qui coordonne. Ce travail est financé par des dons de citoyens et d’associations.
Nous ne recevons ni subventions des collectivités locales , ni mécénat, ni publicité, ni revenu public.
Seulement une bourse d’Emergence à la presse et un fonds pour la presse libre.”
Des enquêtes ciblées
“Nous voulons traiter les angles morts des questions liées à l’agro-alimentaire. En février 2023, c’était “Les travers du porc”, sur les champions finistériens de l'industrie du porc. Pour ma part, “La méthanisation sous pression”, avec Raphaël Baldos. Près de 200 méthaniseurs en Bretagne transforment des matières organiques en gaz. Quels risques pour l’environnement? Quels contrôles? Nous avons choisi de traiter les conséquences agricoles, sans pouvoir éclairer autant que souhaité les enjeux agronomiques ou énergétiques. Nos questions aux services de l’Etat n’ont pas eu de réponses.
Sur la question du foncier, mon autre enquête, nous avons étudié le fonctionnement des SAFER, chargées de réguler le marché des terres, de lutter contre les agrandissements excessifs. Nous avons découvert que le sifflet de l’arbitre du foncier était rouillé…”
Comment l’équipe travaille-t-elle ?
“Exemple du foncier : nous étions deux journalistes, avec deux référents auxquels nous rendions compte. Quels chercheurs interroger ? Pourquoi quelqu’un vient-il nous parler, pourquoi refuse-t-il ? Une source ne suffit pas ; nous avons besoin de recouper nos informations. Quand faut-il passer à l’anonymat ? Question importante en agriculture où vie personnelle et vie professionnelle sont plus imbriquées qu’ailleurs.
La dimension collective de l’association permet de faire front face aux pressions. Une partie de notre budget est réservée pour les éventuels procès ou procédures-bâillons.
On nous a demandé si nous étions des guerriers. Je dirais que nous nous battons pour une information documentée, fiable, appuyée sur des données objectives.”
Crédit image : Jean Leveugle - Les savoirs ambulants
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