Documenter et rendre publiques les atteintes à la liberté de la presse
L’Ofalp, l’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse naît en mars 2024. Sa mission ? Recenser, classer et rendre publiques les entraves à la recherche et la diffusion d’informations partout en France. Le Club de la presse de Bretagne en est membre.
Trois questions à Inès Léraud, journaliste et membre du conseil d’administration de l’Ofalp.
D’où vient la volonté de documenter les atteintes à la liberté de la presse ?
L’idée germe début 2023, dans la tête de plusieurs journalistes et observateurs qui ont l’intuition d’une augmentation des intimidations, des menaces, des attaques et des actes de répression envers les journalistes, dans la rue comme dans nos vies privées. Je pense notamment à Morgan Large qui a subi de graves atteintes à son intégrité physique. Depuis quelques années, ce n’est plus qu’en Russie ou en Amérique Latine que la vie des journalistes est en danger.
Pour objectiver cette inflation des atteintes à la liberté de la presse, il nous fallait une base de données. Nous nous sommes dit que nous allions faire notre travail de journaliste : enquêter. L'Ofalp - une association loi 1901 indépendante - est né et compte à présent une cinquantaine de membres répartis dans les collèges journalistes, citoyens et personnes morales.
Comment on recense ces atteintes ?
Des membres auscultent les réseaux sociaux et les médias. En plus de cette veille, nous sommes saisis. À partir de ces signaux, nous enquêtons pour savoir si l’atteinte est fondée et nous l’évaluons.
Nous observons quatre grandes catégories d’attaques : les pressions judiciaires excessives, les procès-bâillon ; les atteintes à la sécurité et à l’intégrité physique et morale ; les obstructions à l’accès à l’information ; les pressions, censures et entraves à l’indépendance, y compris au sein des rédactions. À l’intérieur de ces quatre catégories, il y a des sous-catégories. Les atteintes seront rendues publiques dans des rapports annuels, le premier est attendu en 2025. Parfois, nous n’attendrons pas la publication pour participer à médiatiser les cas particulièrement alarmants.
Cette initiative répond à de forts enjeux démocratiques pour le droit à savoir des citoyens…
Le contexte est délétère pour nous et pour l’accès à l’information. L’observatoire est un outil pour la profession, pensé pour nous relier aux citoyens. L’idée est de rendre moins opaques nos conditions d’exercice, d’informer sur nos difficultés à travailler, que l’on soit journalistes indépendants ou en rédaction, pour que la société comprenne que ce que nous produisons est précieux et vulnérable.
Légende photo : Le 18 mars 2024, le lancement de l'Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse a été officialisé au cours d'une présentation publique au Dissident Club, dans le 9e arrondissement de Paris.
Crédit photo : Ofalp.
Pauline Roussel Dupont
Formation
L'Institut Européen de Journalisme (IEJ) de Rennes affiche un premier bilan positifL'Institut...
Presse alternative : à Rennes, le fanzine est roi
Des pages reliées avec des agraphes, souvent imprimées à l’arrache, en couleur ou en noir et...
Dessins de presse et d'édition : Un hymne punk pour dénoncer la précarité
Dans l’industrie du livre comme dans le monde de la presse, les dessinateur·ices pointent leurs...
Médias locaux : un supplément brestois au magazine "Bretons"
Co-édité par Bretons et Ouest-France, Brestois raconte la ville de Brest et ses habitant·es dans...
Spectacle
Premier "journal intime" sur le procès MazanLe premier spectacle du média rennais Les Trois Ours...
Indépendance des médias
Trois questions à Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-VilaineSylvie Robert (Parti Socialiste) est...