Trois questions à Louise Katz, journaliste entrepreneuse
Fondatrice du média rennais La Grenouille à grande bouche, Louise Katz se définit comme journaliste et entrepreneuse de l'économie sociale et solidaire. Après une première carrière d'enseignante chercheuse au CNRS, elle crée aujourd'hui des projets journalistiques en accord avec sa sensibilité.
Comment as-tu fondé le média La Grenouille à grande bouche ?
En 2017 avec mon mari Nathanaël Simon on a commencé à monter un projet autour de l'écriture et de l'alimentation, qui a donné La Grenouille à grande bouche. Je suis devenue du jour au lendemain rédactrice en chef d'un mook trimestriel, sans jamais avoir mis les pieds dans une rédaction. C'était un défi mais j'ai tout de suite eu la chance de travailler avec des gens formidables, avec qui j'ai appris mon métier. Il y a eu douze numéros, de 2017 à 2020.
On a ouvert en parallèle un restaurant coopératif du même nom, dans le quartier du Blosne, le 15 janvier 2020. Le Covid a mis un coup d'arrêt, entraînant la fin de la revue. Mais je ne regrette rien. Je suis hyper fière de ce projet.
Tu as aussi crée Les 3 Ours Média. Peux-tu nous expliquer ce qu'est ce nouveau projet ?
Ca a débuté à la fin de La Grenouille à grande bouche, quand Nathanaël et moi savions qu'on allait devoir arrêter le papier, mais peut-être encore sauver le restaurant. On se disait que les gens pouvaient y venir raconter leur reportage et faire des interviews en public. J'en ai parlé à Julie Lallouët-Geffroy, qui était la première pigiste de la revue, qui m'a parlé de Live Magazine. J'ai gardé l'idée en tête, jusqu'à réaliser tou·tes les trois un premier spectacle d'information pour L'info dans tous ses états, le 2 février 2024 à Lannion.
L'idée derrière Les 3 Ours Média c'est vraiment de faire de l'info sur scène, pour décloisonner selon les publics, les lieux, les formats possibles, et faire de l'éducation aux médias.
Tu co-animes également les Cafés mortels, portés par la Coopérative funéraire de Rennes. En quoi est-ce aussi un outil d'éducation populaire et aux médias ?
C'est un support d'information pour que le grand public accède à une information libre et éclairée sur les questions relatives à la mort. Je gère ça avec Isabelle Georges, présidente de la Coopérative funéraire de Rennes, et Lucile Milliard, animatrice du podcast La mort, tout un art ! et depuis conseillère funéraire au sein de la Coopérative.
On pense que les gens n'ont pas envie de parler de la mort, ou que ça leur fait peur. C'est vrai pour un tas de personnes mais il y a énormément de monde à nos événements, selon les lieux et les sujets. On fait toujours en sorte que les gens repartent avec des informations pratiques, et en faisant parfois aussi un pas de côté. Par exemple la prochaine rencontre sera sur la photographie : est-ce qu'on peut photographier des funérailles ?
Crédit photo : Lucie Inland
Lucie Inland
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