De l’importance de visibiliser la lutte pour une presse indé et locale
Dans son dernier numéro, “Presse indépendante, anatomie d’une lutte”, le magazine indépendant et local basé à Nantes Les Autres Possibles décortique le paysage médiatique des Pays de la Loire. Et cartographie, pour la première fois, la presse pas pareille régionale.
Trois questions à Marie Bertin, cofondatrice et rédactrice en chef des Autres Possibles.
Une carte de la presse pas pareille à l’échelle locale, c’est inédit. On pense bien sûr à celle du journal L’Âge de faire : seule initiative nationale du genre. Pourquoi dédier votre dernier numéro à la presse indépendante et locale ?
Déjà, parce qu’on est à un moment charnière de la vie de notre média. Ce numéro était le dernier sous ce fameux format cartographique [Les Autres Possibles se déplie comme une carte routière ; NDLR]. Une nouvelle version des Autres Possibles sortira en novembre prochain.
Au bout de sept années d’aventure, on voulait parler un peu de nous, de la presse locale qui revendique l’indépendance et l’incarne notamment dans son modèle économique. Ces médias sont dans une situation difficile, au niveau national et plus encore à l’échelle locale, où le bassin de vente est réduit. Aux Autres Possibles, on n’échappe pas à l'histoire, d’où notre renouvellement. On a voulu voir ce qu’il en était chez les copain·es comme La lettre à Lulu, La Topette, Le Sans-Culotte…
En quoi est-ce important de mettre cette presse en avant ?
L’indépendance et le pluralisme médiatique appartiennent au débat public. Notre carte offre une visibilité à la presse pas pareille régionale et l’infographie apporte des informations sur les coulisses économiques de cette presse : chiffre d'affaires, montant des subventions publiques (s’il y en a), nombre de ventes et/ou d’abonné·es...
Des éléments dont le lectorat n’a pas connaissance, même s’il vit à côté de cette presse. Ce numéro était l’occasion de mettre en avant des engagements pro et perso, les journalistes qui portent une lutte, se posent en contre-pouvoir, et offrent une alternative au mastodonte Ouest-France.
Une lutte qui se porte à bout de bras, non sans difficulté ?
Étant donné leur exigence, leur échelle géographique, et un contexte compliqué pour les médias en général, les autres voix de la presse sont forcément en difficulté économique.
C’est notre cas et on n’est pas les seul·es, loin de là. Dans la presse indé et locale, nos vies se ressemblent. Il y a une forme d’inhérence. Ce numéro a confirmé notre volonté d’évoluer et le fait qu’on a encore à inventer pour pouvoir continuer à produire de l’information de qualité qui répond aux enjeux actuels. Aussi, pour pouvoir vivre de notre indépendance dans cette société.
Pauline Roussel
Formation
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